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Dossier thématique : « Construire la paix par l’inclusion numérique et l’insertion économique » | Avril 2026 |
Les formations en ligne sur l’environnement et le développement proposées par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) permettent à de nombreux jeunes de trouver ou d’améliorer leur emploi, de se découvrir une nouvelle vocation ou de suivre leur rêve de jeunesse. Elles leur offrent aussi la possibilité d’augmenter leurs revenus dans des pays où le chômage atteint souvent des records.
Depuis 2015, les formations en ligne sur l’environnement et le développement proposées par l’Organisation internationale de la Francophonie ont touché 413 943 apprenant·es à travers 79 États et gouvernements membres. Parmi elles et eux, 68 % sont des jeunes de moins de 35 ans et 21 % des femmes.
À ce jour, 147 032 personnes ont obtenu une attestation. Aussi, 34% des jeunes formé·es avec succès déclarent avoir trouvé ou amélioré leur emploi, découvert une nouvelle vocation ou ravivé une ambition longtemps mise de côté, illustrant l’impact concret de ces formations sur les parcours professionnels et les trajectoires de vie.
Ces jeunes qui ont décroché un emploi ou changé de parcours
Au Sénégal, Mohamed Badji était en stage en tant que biostatisticien lorsqu’il a suivi les formations. Une période de la vie où le passage à un emploi durable se joue souvent à peu de choses. « Ces certifications ont beaucoup pesé par la suite dans les candidatures que j’ai présentées et ont directement contribué à mon recrutement en CDI à la Banque agricole du Sénégal », souligne-t-il. Au-delà de son activité professionnelle, il ajoute : « Je suis aussi connu dans mon quartier pour cultiver des arbres en pépinière que je distribue gratuitement ».
Au Tchad, Octave Moundjingar (photo ci-contre) raconte : « J’étais au chômage. La formation m’a permis de bien maîtriser les techniques de restauration du sol. » Une compétence qu’il a su mettre en avant. Et une porte s’est ouverte. Octave a aujourd’hui un poste d’animateur agricole au sein de l’ONG Sahel Santé Nutrition et Résilience.
Au Niger, Abdoul Kader Elh Mahamadou Addo souhaitait agir « pour le développement communautaire et la protection de l’environnement ». Les formations ont accompagné l’ensemble de son cheminement. « Je suis maintenant animateur terrain de l’ONG italienne ACRA ».
Après avoir décroché une licence en sciences de l’environnement, le tchadien Dieudonné Boultoussi a traversé une période de chômage. Droit de l’environnement, évaluation des politiques et projet de développement durable ont fait partie des quatre formations qu’il a suivies. Il a ensuite obtenu un emploi de technicien et agent de développement communautaire. « J’ai amélioré mes conditions de vie mais surtout je ne me laisse plus enfermer dans la pauvreté comme avant. C’est un autre état d’esprit. »
À Madagascar, Voahirana Rakotoarinaivo (photo ci-contre, 1re à gauche) a suivi une licence et un master en économie, tout en suivant les formations de l’IFDD. Elle a tout de suite trouvé un poste de responsable suivi-évaluation de projet. « Ce métier est en lien direct avec les formations suivies auprès de l’IFDD, notamment en ce qui concerne la gestion axée sur les résultats, l’utilisation d’indicateurs, la collecte et l’analyse de données, ainsi que l’appui à la prise de décision et l’évaluation environnementale. Elles ont joué un rôle important dans mon parcours et continuent d’influencer ma manière de travailler et de me projeter professionnellement. Je continue d’apprendre dès que j’en ai l’occasion. »
Au Tchad, Ndjaidoukmi Kamada était assistant nutrition dans un hôpital lorsqu’il a suivi les formations. Celles-ci ont profondément enrichi son travail quotidien. Il a commencé à lier nutrition et WASH (eau, assainissement et hygiène) et changé d’emploi. « Je fais du suivi de cantines scolaires et de la prévention de la malnutrition aiguë ou modérée dans des structures sanitaires. J’intègre des procédés de traitement d'eau à l'échelle communautaire et des évaluations de risques liés aux eaux souillées. Je forme aussi les ménagères et le personnel sanitaires au WASH et j’ai même déjà une idée de projet autour du traitement de l’eau. »
Ces jeunes qui ont auto-créé leur emploi
En Côte d’Ivoire, Philippe-Andreas Kouassi s’est lancé en devenant consultant spécialiste en sauvegardes environnementales et sociales. « Je sortais des études depuis peu et je m’étais mis à mon compte mais j’avais besoin de cours bien plus pratiques pour me mettre dans le bain, comme ceux de l’IFDD », explique-t-il. Depuis, il n’a jamais cessé de se former en ligne. « J’ai commencé à 55 euros par jour alors que maintenant je suis rémunéré à 230 euros par jour. »
Au Burundi, Jean-Claude Nzambimana l’affirme : « les formations offertes par l’IFDD m’ont permis d’orienter ma carrière professionnelle dans le domaine qui me tenait à cœur depuis petit ». Après des études d’histoire et de socioanthropologie, il suit assidûment les cours en ligne pendant quatre ans. Ce parcours lui a permis de s’orienter vers le management de la qualité et de l’environnement en entreprise, puis de créer son propre cabinet de consultance en évaluation environnementale et sociale. « Compte tenu du contexte du marché de travail dans mon pays, la probabilité d’obtenir un emploi aurait été vraiment basse sans ces formations ».
Depuis Madagascar, Hobisoa Rakotomihajarivo s’est surpris lui-même : « Je suivais les formations avec l’objectif de renforcer mes compétences et booster mon CV, mais un thème a capté mon attention et m'a inspiré pour la création d’un petit atelier artisanal de pâte de noix ! Même si la production est artisanale, j'intègre dans mon atelier les bonnes pratiques artisanales et les standards QHSE (qualité, hygiène, sécurité et environnement). Je pratique une production responsable, respectueuse de l'environnement et durable, une valeur acquise durant la formation de l'IFDD. Je reçois une vingtaine de commandes par semaine et je produis aussi pour vendre sur les foires locales. Je souhaite maintenant changer d’échelle. »
En République démocratique du Congo, Laurant Mawiya a changé de cap : « Grâce aux formations, j’ai laissé derrière moi le commerce et la location de chaises en plastique pour me lancer dans la fabrication de charbon écologique. C’est plus cohérent avec les enjeux environnementaux abordés durant les formations. »
En République démocratique du Congo, Jacque Katumbwe Bunda (photo ci-contre) travaillait auparavant comme agent sur des projets locaux de distribution alimentaire et de sensibilisation aux pratiques agricoles durables. Avec un associé, il a lancé sa propre entreprise, Kivu Agri Innovation, spécialisé dans la production maraîchère et les services de conseil en sécurité alimentaire. « Ce nouveau métier est directement lié aux compétences acquises lors de la formation, notamment la planification durable, la gestion de projets agricoles et l'utilisation durable des ressources. ». Il s’est associé avec un vétérinaire afin de proposer un accompagnement technique aux petit.es agriculteur.rices et éleveur.euses. Lui et son associé produisent également des légumes, générant jusqu’à 130 000 FCFA (200 euros) par mois. « Ces bénéfices sont en partie dus au fait que nous fabriquons nos propres produits phytosanitaires biologiques. Nous sommes en pleine croissance : nous sommes par exemple en train de mettre en place une pépinière de bananes pour un exploitant »
Au Mali, Issa Diarra, juriste et entrepreneur, souligne que les formations l’ont préparé à une « manière durable de penser ». « Elles ont constitué une base solide pour structurer mon parcours professionnel et mon engagement dans les domaines du développement, de l’environnement et de la gouvernance, que ce soit en tant que salarié ou à mon compte », explique-t-il. Après avoir travaillé pour Médecins du Monde et l’International Rescue Committee, il a monté plusieurs entreprises, dont une dans le secteur de l’agriculture et de l’élevage, générant un chiffre d’affaires de 3,5 millions FCFA (5300 euros). Il est également président d’une association engagée dans la lutte contre le changement climatique et la protection de l’environnement.
Ces jeunes qui ont augmenté leurs revenus agricoles
Au Mali, Ibrahim Almoustapha (photo ci-contre) cultive un hectare de maraîchage. « J'ai apporté de l'innovation au sein de mon entreprise, DicKo Entreprise : j'ai pu trouver même un partenaire pour m'aider dans ce que je fais. Nous avons installé un système de pompage 100 % solaire relié à un bassin de conservation des eaux et toute notre production est bio car nous produisons nos intrants. Grâce à ces innovations, j'ai augmenté le personnel et recruté un livreur, soit 8 personnes en tout. Mes revenus se sont améliorés de 50 % par trimestre. »
Au Bénin, Amidou Bossou a mis en application la fabrication de biofertilisants et de bioinsecticides sur son exploitation de riz, pommes de terre, oignons et autres denrées. Cette évolution a un impact direct sur ses charges de production. Il estime économiser environ 20 000 FCFA (30 euros) par cycle de production de quatre mois et par hectare de riz par exemple : « Les formations m'ont vraiment permis de contourner les dépenses excessives relatives à l'achat des intrants chimiques de synthèse », insiste-t-il.
Pour le Béninois Sèdjrogandé Kévin Fiacre Dossou : « Le module sur la permaculture m’a permis de repenser le fonctionnement de ma ferme en intégrant les rotations culturales, le travail minimal du sol, et le paillage. Ce sont des aspects que je négligeais. Nous produisons aussi nos engrais biologiques Je me sens désormais plus outillé pour affronter les aléas climatiques et augmenter mes revenus sans ajouter de superficie. » Il a pu créer de nouveaux emplois pour mettre en œuvre les techniques apprises, notamment pour la rotation culturale, la plantation et le désherbage minimal. « Avant j’utilisais une machine. Je prévois cette année une augmentation de mes revenus de l’ordre de 20 à 25 % grâce à une amélioration des récoltes qui va jusqu’à 15 %. »
Ces jeunes qui ont amélioré leur emploi
Au Bénin, Hyaceinth Yai est engagé au sein de l’Association Féminine pour une Jeunesse Épanouie (AFeJE-ONG), où il intervient comme agent de terrain, animateur communautaire et chargé de communication. Après avoir suivi les formations en ligne, il explique : « Avant, je ne comprenais pas comment rédiger les projets, surtout ceux qui répondent aux Objectifs du développement durable, ni comment choisir un bailleur de fonds ». Ces acquis lui ont permis de rédiger son premier microprojet de développement rural en passant « d’une approche intuitive du développement durable à une approche méthodique, stratégique et orientée impact ». Il prépare parallèlement un projet d’apiculture durable.
En République démocratique du Congo, Emile Basila Wabula (photo ci-contre) a pris confiance en ses compétences : « Suivre ces différentes formations a créé en moi un jeune leader capable d'influencer sur ce qui est bon dans la région et dans la communauté ». Engagé auparavant dans des actions associatives auprès des jeunes, en tant que chargé de suivi-évaluation, de communication et de sensibilisation, il assure : « Aujourd’hui, je décroche des consultations qui m’assurent un revenu compris entre 180 et 460 dollars américains par mois (NDLR : environ le double du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti), grâce à une meilleure maîtrise des problématiques liées aux événements climatiques et environnementaux. »
Toujours en République démocratique du Congo, Thierry Katete travaille dans la logistique et les chaînes d’approvisionnement. Dérouté par un secteur qui, selon lui, « contribue à la dégradation de l'environnement, que ce soit au niveau de la fabrication, de la gestion, du transport, de la consommation ou des déchets », il tente désormais de réorienter son activité vers la logistique verte, en cohérence avec les enjeux environnementaux abordés durant les formations.
Ces jeunes qui se diversifient
En Guinée, le docteur vétérinaire Mamady Mamy Kebe (photo ci-contre) a élargi son champ d’action. « Ces formations m’ont permis de renforcer mes compétences sur le lien entre santé animale, santé humaine et environnement (One Health) » explique-t-il. « Elles m’aident au quotidien à promouvoir des pratiques d’élevage durables ». Il ajoute : « J’ai commencé mon propre projet d’élevage avec des petits ruminants, des lapins et des poulets ».
En Guinée aussi, Alexis Kolie, enseignant, a suivi les formations en ligne avec l’objectif de devenir « un des acteurs du développement durable ». « Pour compléter mes revenus, j’ai lancé une activité de maraîchage, qui me permet de générer jusqu’à 50 000 francs guinéens (4,50 euros) par jour ».
Au Mali, Amadou Maiga est infirmier. Mois après mois, il a suivi les formations de l’IFDD et obtenu plusieurs certificats. « Je viens de lancer une entreprise individuelle de prestations de services, orientée vers la gestion des déchets électroniques, la production de biogaz et les énergies renouvelables », annonce-t-il non sans une touche de fierté.
Au Sénégal, Aissata Ndiaye est enseignante et fait partie des 21% de femmes à avoir suivi les formations de l’IFDD. « Lorsque j’ai débuté, je cherchais une activité dans les énergies vertes », témoigne-t-elle. Enthousiaste et déterminée, elle a créé Ndiaye Énergie, une entreprise dédiée à la vente de foyers améliorés. Aujourd’hui, elle compte une vingtaine de clients et poursuit le développement de son activité.
Ces jeunes qui découvrent leur voie
Viceint Tsimba n’a que 19 ans. Il est l’un des plus jeunes à avoir suivi les formations en ligne sur la plateforme Objectif 2030. Il n’a pas encore d’emploi fixe, ni créé sa propre entreprise.
Étudiant en sciences environnementales, il fait partie du Mouvement des jeunes écologistes congolais avec lequel il mène des activités environnementales, comme une action au sein d’une tourbière (zone humide riche en biodiversité) au Nord de Brazzaville. « Grâce à cette formation, j’ai vraiment compris l’importance des trois piliers du développement durable : environnement, économie et social. Les tourbières filtrent l’eau des populations, soutiennent la biodiversité et le lien social entre les communautés. ».
Grâce aux formations en ligne, les très jeunes comme Viceint, étudiant.e.s ou pas, peuvent enrichir leur parcours et s’assurer du chemin qu’ils veulent suivre. C’est parfois une prise de conscience et tout un univers d’opportunités et d’espoir qui s’ouvre à eux. « Et je suis convaincu que la jeunesse a un rôle clé à jouer en matière de développement durable », conclut Viceint.
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La plateforme Objectif 2030 en bref
Objectif 2030 est la plateforme de formation en ligne de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (OIF-IFDD), dédiée au renforcement des compétences sur l’environnement et le développement durable. Accessible gratuitement, elle propose des formations en ligne ouvertes et massives (MOOC/CLOM) destinées aux étudiant.es, professionnel.les, acteur.rices de la société civile et décideur.euses de l’espace francophone.
Elle vise à accompagner la mise en œuvre concrète des Objectifs de développement durable (ODD) et des accords multilatéraux sur l’environnement en combinant apports théoriques, outils pratiques et études de cas. Les formations couvrent des thématiques clés telles que la finance durable, les métiers et technologies de l’environnement, les généralités sur le développement durable, l’évaluation environnementale et sociale, le droit de l’environnement et des ressources naturelles, l’économie de l’environnement ou les pratiques d’agriculture durable.
Objectif 2030 permet ainsi aux apprenant.es de se former à leur rythme, d’obtenir des certifications reconnues, et de renforcer leur capacité à agir sur le terrain, en lien avec les enjeux sociaux, économiques et environnementaux de leurs territoires.
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