Fruit de partenariats entre la Représentation de l’OIF auprès des Nations Unies à New York et de nombreux acteurs culturels, éducatifs et associatifs, le « Printemps de la Francophonie 2026 », qui s’est clôturé fin mai, a une nouvelle fois confirmé la place de New York comme un lieu de rencontre privilégié pour les cultures francophones du monde entier.
De la littérature au cinéma, en passant par l’art et la musique, le « Printemps de la Francophonie » a réuni pendant plusieurs semaines des artistes venus des quatre coins de l’espace francophone.
Art et culture : cap sur l’Asie du Sud-Est
La 8e édition du « Festival des cinq continents » a ouvert en mars la programmation du « Printemps de la Francophonie », avec une semaine consacrée aux voix contemporaines du Cambodge, du Vietnam et de leurs diasporas. Organisé par la Maison française de New York University en partenariat avec l’OIF, Duke University, la Mission permanente du Vietnam et la Délégation générale du Québec à New York, le festival a exploré les thèmes de la mémoire, de l’exil, de la transmission et des identités multiples à travers un dialogue entre littérature, arts visuels, cinéma et musique.
Le vernissage de l’exposition de l’artiste franco-cambodgienne Adana Mam Legros a donné le coup d’envoi de cette édition. Les visiteurs ont pu découvrir une œuvre nourrie par les questions de spiritualité, d’héritage et d’appartenance. La rencontre avec l’autrice franco-vietnamienne Anna Moï a ensuite offert un bel éclairage sur les liens entre mémoire familiale, migration et écriture. Le festival a également accueilli la pianiste vietnamienne Quynh Nguyen pour un concert mettant à l’honneur le répertoire français, ainsi que le réalisateur franco-cambodgien Rithy Panh, figure importante du cinéma mémoriel contemporain. Le festival s’est achevé par une soirée réunissant cinéma et musique autour du court métrage Grandma Nai Who Played Favorites et une performance du musicien canado-vietnamien Huu Bac.
Entretiens : paroles d’acteurs
Le « Printemps de la Francophonie » a également trouvé un large écho dans les médias. Dans un entretien accordé à Rencontre des auteurs francophones, le Représentant de l’OIF auprès des Nations Unies à New-York, Michel Xavier Biang, a rappelé l’engagement de la Francophonie pour le rayonnement, la circulation et la découvrabilité de la littérature francophone. Il a aussi souligné le rôle du Prix des 5 continents dans la promotion des talents littéraires dans l’espace francophone.
Interviewé par ONU Info à la veille du 20 mars, il a insisté sur l’importance des valeurs défendues par la Francophonie, souligné le dynamisme de la langue française et l’extraordinaire vitalité de la francophonie culturelle. Pour sa part, Mohamed Embarki, Responsable de l’Observatoire de la langue française de l’OIF, a présenté les principales conclusions du rapport quadriennal La langue française dans le monde, dans un entretien accordé à ONU Info.
Littérature : des auteurs francophones au cœur du dialogue mondial
Le « Festival des auteurs francophones » a constitué l’un des rendez-vous importants de cette édition du « Printemps ». Sous le parrainage de Grégoire Delacourt à New York et d’Alain Mabanckou à Princeton, 26 auteurs venus d’Afrique, d’Europe et des Amériques ont participé à une série de rencontres avec le public, les étudiants et les professionnels du livre.
Parmi les moments les plus marquants, leur participation au panel « Le livre peut-il changer les destins ? » : réunis au Centre de formation des Nations Unies, les auteurs ont pu échanger avec des membres de la communauté diplomatique francophone de l’ONU autour du pouvoir de la littérature.
Cette dynamique s’est prolongée avec l’évènement « Le français en mouvement : regards croisés sur la francophonie d’aujourd’hui », organisé par le Centre pour la promotion des langues, de l’éducation et des communautés (CALEC) en partenariat avec la Représentation de l’OIF à New York, à l’occasion du lancement du deuxième tome du livre intitulé « Le français autour de nous, la francophonie aux Etats-Unis, héritage et perspectives d’avenir ». Réunissant universitaires, enseignants et acteurs de terrain, cette rencontre a été un espace de réflexion sur les enjeux et les perspectives de la diversité linguistique dans le contexte américain.
Cet évènement a également permis de présenter l’édition 2026 du rapport La langue française dans le monde 2026. Retransmise en directe, la rencontre a permis de donner une large visibilité aux réflexions sur l’avenir du français et de la Francophonie.
Cinéma : des regards sur le monde
Le cinéma a occupé une place importante dans la programmation du « Printemps de la Francophonie ». A Princeton, le « Festival du film français » a accueilli le réalisateur tunisien Mohamed Challouf, dont les interventions ont permis de retracer l’histoire du cinéma africain francophone et l’héritage de Tahar Cheriaa dans cet écosystème. Le Festival a également été marqué par la participation d’Alain Mabanckou autour de la projection du documentaire Noirs en France, suivie d’un échange avec le public sur les questions d’identité, de discrimination et de représentation.
La saison s’est poursuivie avec le « Festival du film africain de New York », qui a présenté une sélection d’œuvres venues de l’ensemble du continent africain, parmi lesquelles plusieurs productions francophones. Cette 33e édition a confirmé l’intérêt du public new-yorkais pour des récits reflétant la diversité des expériences africaines contemporaines.
A Harlem, le « Festival francophone des courts métrages » a réuni 30 films provenant de 16 pays francophones dans six lieux répartis à travers la ville. Cette programmation a mis en avant une nouvelle génération de réalisateurs et fait découvrir au grand public des regards originaux sur les réalités du monde francophone.
Musique : des rythmes partagés
A l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie (20 mars), le Centre culturel du Lycée français de New York a accueilli un concert consacré aux « Voix de l’océan indien ». Les artistes Natie et Niu Raza ont offert au public un voyage musical entre La Réunion et Madagascar.
Les jeunes générations ont également été au rendez-vous grâce au concert du rappeur québécois KJT dans un établissement scolaire de Long Island. A travers une prestation interactive et des échanges avec les élèves, l’artiste a fait découvrir le rôle de la musique comme outil de transmission culturelle et linguistique.
Par la diversité des initiatives proposées et la qualité des collaborations, le « Printemps de la Francophonie de 2026 » a confirmé la solidité du réseau de partenaires francophones qui contribuent, chaque année, à la visibilité des cultures francophones à New-York.