Le 3 juin 2026, à Paris, l’OIF a célébré ses 35 années de soutien au cinéma francophone du Sud lors de la soirée « La Francophonie fait son Cinéma ».
Une occasion de présenter des résultats sans précédent, illustrés cette année par une moisson historique à Cannes : la Caméra d’Or pour Ben’Imana de Marie-Clémentine Dusabejambo (première distinction africaine depuis la création du prix en 1978) et le Prix d’interprétation Un Certain Regard pour Congo Boy de Rafiki Fariala, premier film centrafricain à Cannes.
Une soirée en l’honneur du cinéma et de la Francophonie
Une table ronde ouverte par Caroline St-Hilaire, Administratrice de l’OIF, et modérée par le journaliste Ousmane Ndiaye, a réuni les quatre cinéastes francophones en Sélection Officielle à Cannes 2026. Un dialogue sur le financement du cinéma francophone a également réuni Anne-Louise Mesadieu (conseillère régionale en Île-de-France, chargée de la coopération internationale et de la francophonie, présidente du Fonds de soutien Cinéma et de l’Audiovisuel en Île-de-France) et le producteur libanais Georges Schoucair. La soirée, à laquelle de nombreuses personnalités de l’audiovisuel et du cinéma ont répondu présentes, a été clôturée par Diana Ramarohetra, Directrice de la langue française dans la diversité des cultures francophones (DLC) à l’OIF, et un moment convivial.
« En 2025, 24 des films que nous avons soutenus ont été sélectionnés dans les plus grands festivals mondiaux, contre 6 en 2020. Un chiffre qui traduit à la fois la progression du cinéma francophone du Sud et sa reconnaissance internationale, auxquelles l’OIF contribue depuis 35 ans. Aujourd’hui plus que jamais, nos engagements sont importants, pour que la Francophonie continue de faire son cinéma. », dixit Caroline St-Hilaire.
35 ans de soutien, un bilan record en 2025
Depuis 1990, l’OIF finance la production cinématographique et audiovisuelle dans 35 de ses États membres du Sud. En 2025, ses dispositifs ont atteint des résultats sans précédent :
- 24 sélections dans les 10 plus grands festivals mondiaux (Cannes, Berlin, Sundance, Venise, Toronto, IDFA…), issues de 21 films et 13 États membres — contre 6 sélections en 2020.
Parmi eux : Promis le ciel d’Erige Sehiri avec Aïssa Maïga (Cannes, Étoile d’or de Marrakech) ; Un monde fragile et merveilleux de Cyril Aris (Prix du public à Venise 2025, sorti en France en février 2026) ; court-métrage Cœur bleu de Samuel Suffren (Cannes, Grand Prix à Clermont-Ferrand).
- 10 de ces sélections récompensent des films réalisés par des femmes
- Environ 500 projets soutenus en dix ans, dans 38 États membres
- 2 millions d’euros investis en moyenne par an sur 2020–2024, soit le double de la période 2015–2019
- 35 % des fonds attribués à des réalisatrices sur 2020–2024 (contre 29 % sur 2015–2019)
- 71 % des fonds orientés vers l’Afrique subsaharienne et la Caraïbe
- L’OIF couvre de 13 à 31 % du budget des projets qu’elle finance, apportant un effet levier décisif dans des économies cinématographiques fragiles.
- Au Fespaco 2025 (Ouagadougou), 10 films soutenus par l’OIF ont remporté 20 prix, dont l’Étalon d’or de Yennenga.
- Aux JCC 2025 (Carthage), 6 films OIF ont décroché 8 prix dont le Tanit d’Or du documentaire.
Quatre dispositifs complémentaires à l’honneur
L’action de l’OIF repose sur quatre mécanismes de financement :
- Fonds Image de la Francophonie (FIF, depuis 1990) - fonds historique ouvert à 35 pays membres du Sud
- Bonus Clap ACP (2020–2025) - cofinancé par l’Union européenne, ciblant les pays Afrique-Caraïbes-Pacifique ; a doublé l’enveloppe annuelle, multiplié les coproductions Sud-Sud et permis de renforcer les fonds nationaux de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Rwanda
- Fonds Francophonie TV5MONDEplus (depuis 2021) - pour la découvrabilité numérique des œuvres francophones
- Prix FILMAC (depuis 2023) - tremplin d’amorçage pour les jeunes cinéastes d’Afrique centrale
Une soixantaine de nouveaux films soutenus par l’OIF sont attendus en 2026, avec une présence record d’œuvres en provenance d'Afrique centrale.