Du 23 au 25 mai 2026, Saint-Malo a accueilli la 36e édition du festival Étonnants Voyageurs avec comme pays invité : le Liban. L'OIF y était présente comme partenaire institutionnel, fidèle à un engagement ancien envers les lieux où circulent et se renouvellent les littératures d'expression française.

Le choix du Liban comme pays invité donnait à cette édition une résonance particulière. À travers une programmation portée par les livres, les récits et le dialogue des langues, le festival a mis en lumière un Liban pluriel, fidèle à cette conviction que la culture demeure un espace de rencontre, de compréhension mutuelle et de paix. Une vision en écho à l’engagement de la Francophonie pour construire des liens durables entre les peuples par la circulation des œuvres et des imaginaires. Le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, a ainsi évoqué un pays « où les langues coexistent, où les récits s’écrivent à plusieurs voix » et qui « ne se comprend pas uniquement à travers les épreuves, mais dans le mouvement par lequel il continue de créer et de se réinventer ».

La séance inaugurale, dans le Grand Auditorium du Palais du Grand Large, s'est tenue en présence de Catherine Pégard, la ministre française de la Culture, du ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, ainsi que des autorités de la Ville de Saint-Malo et de l'association Étonnants Voyageurs. C'est à cette occasion que Hervé Barraquand, le directeur de cabinet de la Secrétaire générale de la Francophonie a porté un message de Louise Mushikiwabo. Elle y saluait le choix du Liban et la manière dont ce pays, malgré les épreuves, demeure un foyer vivant de création et de pensée. « La Francophonie y reconnaît une part d'elle-même : un pays où le français vit d'une respiration singulière, traversé par l'arabe, par l'exil, par la Méditerranée et par les fractures de l'Histoire. » Cette solidarité, réaffirmée par les chefs d'État et de gouvernement au Sommet de Villers-Cotterêts en 2024, se traduit aujourd'hui par les projets que l'OIF soutient au Liban, en faveur de la création culturelle et de l'éducation.

Le soutien de l’OIF à cet événement concrétise cette conviction. La littérature, rappelait-il, « n'est pas un luxe des temps calmes : elle est ce qui nous empêche de devenir étrangers à nous-mêmes ». Conviction simple et exigeante, celle qui guide l'action quotidienne de l'OIF aux côtés des écrivains, des éditeurs et des traducteurs francophones des cinq continents.

Trois jours durant, la programmation a donné toute sa mesure à cette ambition. Les grandes figures des lettres libanaises y ont croisé une nouvelle génération d'écrivains, en français comme en arabe. Les disciplines se sont répondues : roman et poésie, bande dessinée et lecture musicale, cinéma documentaire et de fiction. Cette pluralité de voix et de formes rejoint la vision que défend l'OIF, celle d'un français qui se nourrit de ses circulations et de la diversité de ses imaginaires.

 

Valorisation du lauréat du Prix des 5 continents

Le festival a par ailleurs mis en lumière le Prix des cinq continents de la Francophonie, dont l'OIF a célébré le quart de siècle en 2026. Son lauréat, Alexandre Lenot, distingué en mars dernier pour son roman Cette vieille chanson qui brûle (Editions Denoël), était présent à Saint-Malo dans le cadre de la tournée de valorisation de la littérature francophone organisée par l’OIF. Auteur français, de mère égyptienne, il a pris part à deux rendez-vous. Le 23 mai, à la Maison du Québec, une rencontre lui était entièrement consacrée. Le 24 mai, au Palais du grand large, il participait au dialogue « Parlons français », aux côtés de l'autrice Katia Belkhodja et de Barbara Cassin, de l'Académie française – un échange sur la langue partagée comme terrain de création. C'est, précisément, ce que le Prix défend depuis 2001 : des écritures de fiction narrative contemporaine, reflet de la diversité culturelle et éditoriale de tout l'espace francophone.

Cette 36e édition d’Étonnants Voyageurs aura rappelé qu’une langue ne demeure vivante qu’à condition de rester ouverte aux voix, aux récits et aux horizons qui la traversent. Écrire et décrire le monde en français, dans toute sa diversité, pour continuer à le rendre plus habitable.

 

(Crédit photos 1 et 2 : © Gilles Pensart)

 

Pour plus d'infos sur le festival Etonnants Voyageurs...

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