À l’occasion de la Journée nationale de l’identité, l’OIF a appuyé plusieurs actions réunissant les 15 et 16 septembre 2026 les acteurs de l’état civil et plus de 4000 jeunes d’Antananarivo.

Près de 150 acteurs de l’état civil malgache se sont réunis le mardi 15 septembre, à Antananarivo, pour une conférence de haut niveau consacrée au droit à l’identité. Organisée par le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation (MID) avec l’appui de l’OIF, l’évènement a ouvert la troisième édition de la Journée nationale de l’identité à Madagascar.

Placée sous le thème « Mon identité, mon ombre. Jamais séparés ! », l’événement était consacré à un enjeu majeur pour le pays : à Madagascar, près de 20 % des enfants de moins de cinq ans ne disposent pas d’un acte d’état civil, selon l’enquête MICS 2025 de l’Institut national de la statistique, réalisée avec l’appui de l’UNICEF ; un phénomène qui touche davantage les zones rurales. L’éloignement des communes, les difficultés d’accès aux services et le déficit d’information des familles demeurent les principaux obstacles à l’enregistrement des naissances.

« Notre défi est de faire en sorte que tous les citoyens puissent disposer d’une identité et de documents d’état civil », a déclaré à cette occasion le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Hanitra Velonjara Tiaray Rakotonandrasana.

Du constat à l’action

Depuis 2020, le projet « état civil » de l’OIF a permis d’enregistrer plus de 600 000 personnes dépourvues d’acte de naissance dans dix pays francophones. La moitié se trouve à Madagascar, où l’OIF a aussi accompagné la mise en place d’un guichet unique de l’état civil au sein de la Commune urbaine d’Antananarivo. « Comme l’ombre qui accompagne chacun d’entre nous, l’identité à la fois juridique et numérique d’un individu doit être présente tout au long de la vie, sans distinction ni exception », a souligné M. Traian-Laurentiu Hristea, Représentant de l’OIF pour l’océan Indien (photo ci-contre).

Trois sessions ont structuré les travaux de cette conférence : l’identité juridique comme socle d’inclusion sociale, l’identité à l’ère du numérique et la souveraineté numérique. Pour la décennie qui s’ouvre, les participants ont insisté sur la proximité des services d’enregistrement, sur une digitalisation conduite de façon responsable et sécurisée, et sur une souveraineté numérique qui s’inscrive dans la durée.

La protection des données personnelles est revenue dans chacune des sessions. L’équipe en charge de la coordination du projet « état civil » a rappelé dans ce cadre que l’OIF avait accompagné, avec l’Association francophone des autorités de protection des données personnelles, l’opérationnalisation de la Commission malagasy de l’informatique et des libertés, qui a fait de la modernisation des systèmes d’enregistrement de l’état civil une de ses priorités.

Durant la matinée du 16 septembre, la Représentation de l’OIF pour l’océan Indien a pris part au lancement officiel de la phase II de l’opération « Izaho Tokana 2.0 » – qui vise à l’enregistrement de plus de 10 millions de citoyens âgés de plus de 18 ans d’ici juillet 2027 – et à l’inauguration de la salle du Centre de commandement opérationnel de l’enrôlement biométrique, deux activités portées par le MID, avec l’appui du projet DECIM de la Banque mondiale.

Dans l’après-midi, le ministère a mené, avec l’appui de l’OIF, une large campagne de sensibilisation à l’importance de l’identité juridique dans les rues d’Antananarivo, à travers un carnaval qui a rassemblé 4 000 écoliers, collégiens et lycéens.

L’intention reste celle fixée par l’Objectif de développement durable 16.9 : une identité juridique pour tous d’ici à 2030. L’OIF poursuit cet engagement aux côtés des autorités nationales et des communes.

 

VOIR AUSSI : Agir pour le droit à l’identité à Madagascar (Vidéo)

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