Une cérémonie de remise d’actes de naissance s’est tenue le 4 mars 2026 à Miarinarivo, en région Itasy. L’événement marquait le lancement du projet « État civil et éducation ».
Le 4 mars 2026, une cérémonie de remise d’actes de naissance s’est tenue à Miarinarivo, en Région Itasy, en présence de la Ministre de l’Éducation nationale, du Représentant de l’OIF pour l’océan Indien, des autorités locales ainsi que du Conseiller de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France à Madagascar.
Cette cérémonie a été l’occasion de procéder au lancement officiel du projet « État civil et éducation », financé par le « Fonds Équipe France » du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères français. « Ce projet vise à renforcer durablement l’enregistrement des naissances en encourageant une mobilisation coordonnée des acteurs des secteurs de l’état civil et de l’éducation », a souligné le représentant de la France à Madagascar.
L’articulation entre éducation et état civil repose sur un principe fondamental : l’accès à l’éducation est indissociable de l’accès à l’identité juridique. L’absence d’acte de naissance constitue en effet, dans de nombreux contextes, un frein à l’inscription scolaire, à la participation aux examens nationaux et à la poursuite des études, et donc au droit fondamental à l’éducation.
Depuis 2021, l’OIF met en œuvre à Madagascar un projet structurant de renforcement de l’état civil, en étroite collaboration avec les institutions nationales. Il s’inscrit dans la dynamique de la loi 2018-027 relative à l’enregistrement des naissances et de la stratégie nationale 2018–2027, et repose sur une conviction : l’état civil constitue la porte d’entrée vers l’ensemble des droits.

Le dispositif s’inscrit donc désormais dans une approche innovante intégrant la dimension éducative. Une phase pilote élaborée avec le ministère de l’Éducation nationale, à sa demande, a été déployée dans le district de Miarinarivo, autour de la sensibilisation des communautés, de la mobilisation de près de 10 000 parents et de l’organisation d’audiences foraines en vue de l’enregistrement rétroactif des naissances. Les résultats ont dépassé les objectifs fixés : alors que 3 100 actes de naissance étaient initialement prévus, 4 800 ont finalement été établis dans les quatorze communes du district. Le 4 mars, 327 enfants ont ainsi reçu officiellement leur acte de naissance dans deux communes du district.
Ces résultats témoignent d’une mobilisation collective exemplaire, profondément attachée à la protection des droits de l’enfant. Particulièrement des filles, car elles sont davantage exposées aux risques d’exclusion scolaire, de mariages précoces ou de travail des enfants. « Renforcer l’accès des filles à l’état civil contribue ainsi non seulement à protéger leurs droits, mais aussi à promouvoir l’égalité des chances et leur pleine participation au développement de la société », a rappelé la Ministre de l’Éducation nationale dans son discours.
Une autre nouveauté dans cette dynamique : le concours de l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF). Il permettra au projet de bénéficier du soutien de l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM), bientôt déployée à Madagascar, qui va intégrer un volet spécifiquement consacré à l’état civil.
À travers ce projet « État civil et éducation », l’OIF réaffirme son engagement à accompagner Madagascar vers l’enregistrement universel des naissances, condition essentielle d’une société plus inclusive, plus équitable et résolument tournée vers le développement durable.