Les 1er et 2 octobre 2026, le Comité pour la sauvegarde de l'intégrité (CSI) a organisé à l'Université d'Antananarivo le Forum national des jeunes consacré à l'intégrité. L'événement a bénéficié de l'appui de l'OIF et de l'Ambassade de Suisse à Madagascar, dans le cadre de leur mobilisation conjointe autour de la « Lutte contre la corruption par l'éducation et la jeunesse ».
Ce forum répond au troisième objectif de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2025-2030, qui vise à faire de l'intégrité une culture partagée. Organisé sous la coordination du CSI et de l'OIF, le forum a réuni les 1er et 2 octobre 100 jeunes venus de six provinces de Madagascar, dont des membres des Réseaux d'honnêteté et d'intégrité (RHI) des six universités publiques. Ils ont échangé avec les acteurs malgaches de la lutte contre la corruption autour de thématiques qu'ils avaient eux-mêmes coconstruites.
Ces deux journées de travaux ont eu pour objectif de sensibiliser les jeunes aux enjeux de l'intégrité et de la transparence dans la gestion publique, mais aussi de faire émerger des recommandations/propositions, sur la thématique de la lutte contre la corruption, afin de contribuer au processus de Concertation nationale.
La cérémonie officielle s’est tenue le 1er octobre en présence de représentants de la Présidence, de la Primature, du ministère de la Jeunesse et des Sports, des membres du Système anti-corruption (Comité pour la sauvegarde de l’intégrité, Bureau indépendant Anti-Corruption, Agence de Recouvrement des Avoirs Illicites, Service de Renseignements Financiers) du Représentant de l'OIF pour l'océan Indien, de l'Ambassadeur de Suisse à Madagascar ainsi que du Président du CSI.
Ce dernier s’est adressé directement aux jeunes en leur rappelant qu’ils disposent aujourd’hui « de moyens et d’une force » pour lutter contre la corruption, à savoir « la capacité de communiquer, de transmettre l’information, de recueillir des preuves, de sensibiliser, d’éduquer et de tirer la sonnette d’alarme » en cas de situation de corruption.
Pour sa part, le Représentant de l’OIF, a rappelé le lien indissociable entre l’éducation et la jeunesse, qui constituent des leviers indispensables pour agir durablement en faveur de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit.
Cette mobilisation « Lutte contre la corruption par l’éducation et la jeunesse », mise en œuvre par l’OIF, avec l’appui financier de l’Ambassade de Suisse à Madagascar, permet de répondre à ces enjeux de sensibilisation des jeunes malagasy aux défis liés à la lutte contre la corruption, et en les dotant de moyens et d’outils permettant de lutter contre ce fléau, et construire un avenir commun plus juste.
Un manifeste et des talents récompensés
Au terme des deux journées de forum, les participants ont élaboré un manifeste pour l'intégrité. Ce texte fixe quatre priorités : la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance, la citoyenneté et l’employabilité des jeunes.
Sur la citoyenneté et l'employabilité, les jeunes appellent à renforcer l'éducation civique, à élargir l'accès aux formations, stages et emplois, et à soutenir les structures de jeunesse. Ils plaident pour un accès aux opportunités fondé sur le mérite, un contrôle plus rigoureux des concours et recrutements, et des formations adaptées au marché du travail.
En matière de gouvernance, ils recommandent davantage de transparence administrative, la participation des communautés locales, la digitalisation des services et l'accès à l'information publique. Ils insistent enfin sur l'intégrité dans l'enseignement supérieur et la gouvernance politique, ainsi que sur la prévention et la prise en charge de la corruption sexuelle.
Le Forum a également été l'occasion de récompenser les lauréats de deux concours nationaux lancés en amont sur le thème « Le rôle des jeunes dans la promotion de l'intégrité ». Ouvert aux jeunes malagasy de 18 à 35 ans, le concours de courte vidéo visait à promouvoir les valeurs d'intégrité et à sensibiliser le grand public par des œuvres créatives sur l'honnêteté au quotidien, le refus de la corruption ou encore la responsabilité citoyenne.
Un deuxième concours visait à récompenser un jeune pour la création du meilleur logo officiel du Système anti-corruption. Cette identité visuelle commune permettra aux différentes entités qui le composent de pouvoir se reconnaître sous une bannière unique, renforçant la lisibilité des actions, la visibilité de leurs missions et la compréhension de leur complémentarité. Elle constitue également un outil de sensibilisation destiné à encourager les jeunes à mieux connaître le cadre légal et institutionnel de la lutte contre la corruption et à s’y engager activement.
Depuis 2019, l’OIF, dans le cadre de son projet « Renforcement de l’Etat de droit, des droits de l’Homme et de la Justice », se mobilise aux côtés des autorités malagasy dans la consolidation de leur dispositif national de prévention et de lutte contre la corruption. Cet engagement s'inscrit pleinement dans les fondements de l'action francophone, tels que consacrés par la Déclaration de Bamako, qui fait de l'État de droit, de la culture démocratique et des droits humains des piliers indissociables du mandat de l’OIF.