Le 2 juillet 2026, à l’occasion du 9e Congrès mondial contre la peine de mort, l’OIF, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) et l’Association francophone des commissions nationales des droits de l'Homme (AFCNDH) ont organisé, à Paris, un événement parallèle sur le thème : « Quelles synergies dans la Francophonie face à la résurgence de la peine de mort ? ». 

Ces dernières décennies ont été marquées par un élan mondial en faveur de l’abolition de la peine capitale. Cette impulsion trouve un important écho au sein de l’espace francophone avec près de 90% des États membres de la Francophonie abolitionnistes en droit ou en pratique. Cependant, un ralentissement de cette dynamique, accompagné d’une résurgence de la question de la peine de mort, est perceptible depuis quelques années.

Face à ces signaux négatifs, l'OIF, l'AFP et l'AFCNDH ont ainsi réuni le 2 juillet les acteurs et actrices francophones engagés pour l’abolition de la peine de mort, afin d’identifier et renforcer les synergies entre ces derniers, dans le but de prévenir les risques de résurgence et sécuriser les dynamiques abolitionnistes. Cet événement s'est tenu à l'occasion de la 9e édition du Congrès mondial contre la peine de mort, organisé du 30 juin au 2 juillet 2026 à Paris par Ensemble contre la peine de mort (ECPM), sous le haut parrainage de la France, de la Suisse et de l’Union européenne ; les Congrès mondiaux constituent un rendez-vous triennal majeur de mobilisation politique en faveur de l’abolition universelle de la peine capitale.

Le panel a bénéficié des contributions croisées de la Déléguée générale de l’APF, Mme Amélia Lakrafi, de la Présidente de la Haute Cour de Justice du Bénin, Mme Dandi Gnamou, représentant l’Association des Cours constitutionnelles francophones (ACCF), du Président de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, Hon. Idrissa Sow, de la Secrétaire générale adjointe de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) de France, Mme Cécile Riou-Bastia, représentant l’AFCNDH, du Porte-parole du Parlement francophone des jeunes (PFJ), M. Corentin Melchior et du Président de l’association Culture pour la Paix et la Justice, Me Liévin Ngondji.

Lors des discussions, plusieurs pistes de coopération ont été mises en lumière et des propositions concrètes de renforcement de ces synergies ont été identifiées : la création d'un cadre de dialogue unifié entre l’ensemble des acteurs de la Francophonie pour soutenir l'abolition de la peine de mort, la mise en place d'un mécanisme de veille commune pour identifier les signaux faibles de résurgence de la peine de mort dans l'espace francophone, ou encore la création d’un système de mentorat pour favoriser la coopération entre pairs sur les processus abolitionnistes.

Ces réflexions se sont nourries du partage d’expériences et d’initiatives portées par les acteurs et actrices de la Francophonie, reflétant la diversité des bonnes pratiques en matière de synergies institutionnelles au service de la prévention de toute résurgence. Les panélistes ont réaffirmé leur attachement à l’abolition de la peine de mort, tout en mettant en avant la valeur ajoutée de la Francophonie dans ce domaine.

L’engagement de l’OIF en faveur du mouvement abolitioniste a été rappelé par la Secrétaire générale, Mme Louise Mushikiwabo, dans son allocution à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Congrès mondial le 30 juin 2026. Depuis 2010, la Francophonie assure un appui multiforme (politique, technique et financier) aux Congrès mondiaux contre la peine de mort. La Francophonie soutient également ses États et gouvernements membres, en les accompagnant dans leurs réflexions sur la peine de mort et en soutenant les réformes législatives. Ces actions s’appuient sur un écosystème de réseaux d’expertise unique – l’APF, les Réseaux institutionnels de la Francophonie, la Conférence des OING –, qui permettent des passerelles opérationnelles dans la poursuite de l’abolition de la peine de mort au sein de l’espace francophone.

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