Le 23 juin 2026, la Représentation de l’OIF pour l’océan Indien (REPOI), a organisé la 2e édition de son webinaire « Etat civil en Francophonie », placé cette année sous le thème « Être reconnu(e) pour exister : identité juridique et identité numérique au service de la paix et du développement dans l’espace francophone ».

Cette rencontre s’inscrivait dans le prolongement d’une première édition tenue en novembre 2025 et a vu la participation de directeurs nationaux de l’état civil des Etats membres notamment le Cameroun, le Rwanda, le Tchad et le Togo, et des représentants des partenaires techniques et financiers, et de la société civile, engagés aux côtés de l'OIF, dont la CEA, OMS, UNICEF et Vital Strategies. L’événement a suscité l’intérêt de 200 personnes.

Ce webinaire a permis de réaffirmer l’importance de l’état civil comme fondement de l’identité juridique et préalable indispensable à la mise en place d’une identité numérique. Les échanges ont évoqué les enjeux et défis encore persistants au sein de l'espace francophone car 60% des enfants de moins de 5 ans n’y sont toujours pas enregistrés à l’état civil. Par ailleurs, l’enregistrement des faits de décès demeure insuffisamment couvert, limitant à la fois l’accès aux droits et la disponibilité de données fiables pour les politiques publiques. Les participants ont notamment partagé leurs expériences face à des réalités de terrain complexes telles que les déplacements massifs de populations et les crises humanitaires, les migrations internes et la gestion de l'état civil des populations nomades, la destruction ou la perte des archives physiques lors des conflits et l'accès limité à l'électricité et à Internet dans les zones rurales. 

Face à ces constats, la position des États est claire sur l’impératif de renforcer le système d’état civil pour ne laisser personne de côté. Les discussions ont mis en lumière les efforts significatifs déjà déployés à travers la modernisation et la digitalisation comme l’instauration des mesures de la gratuité des naissances au Togo en 2021 et des jugements supplétifs au Tchad en 2023 pour accélérer le rattrapage des enregistrements. Pour sa part, le Cameroun, a adopté la flexibilité administrative pour permettre l'enregistrement des déplacés au-delà des délais légaux. Le Rwanda a réussi une transition numérique progressive sur neuf ans en misant sur l’interopérabilité (santé/identité) et des technologies hybrides (solaire, satellite, SMS).

Pour inverser durablement la tendance, les partenaires techniques et financiers ont souligné la nécessité de mobiliser davantage les États en faveur d’un financement durable des systèmes d’état civil, notamment à travers un engagement politique fort et soutenu, garant d’une appropriation nationale et de la pérennisation des réformes engagées.

Le webinaire a mis en exergue le rôle de l'OIF en tant qu'acteur clé dans le renforcement des systèmes d'état civil francophones ainsi que sa contribution déterminante au renforcement des capacités institutionnelles, techniques et juridiques de ses États membres. À travers cette initiative, l’OIF réaffirme, aux côtés de ses partenaires, la nécessité de consolider le réseau francophone, afin de mutualiser les expériences, capitaliser les bonnes pratiques et fédérer les initiatives visant à lutter durablement contre l’absence d’identité juridique.

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