Alors que le monde célèbre chaque 29 mai la Journée internationale des Casques bleus, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, réunis le 20 mai au Maroc à l’occasion de la 2e conférence ministérielle sur le maintien de la paix en environnement francophone, ont adopté la Déclaration de Rabat, dans laquelle ils réitèrent leur « engagement indéfectible » envers le maintien de la paix, « l’un des outils les plus efficaces à la disposition de l’ONU pour promouvoir et préserver la paix et la sécurité internationales ».
A l’initiative des Ministères des affaires étrangères du Maroc et de la France, et en partenariat avec l’OIF et l’ONU, cette deuxième conférence ministérielle a rassemblé une soixantaine de délégations, dont 23 représentées au niveau ministériel ou de Vice-ministre*. Etaient également présents des hauts représentants de l’ONU, de l’Union africaine, de la Ligue des Etats arabes, ainsi que de l’OIF avec la participation de Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo.
Rédigée par le Maroc et la France, la Déclaration de Rabat, en plus de rappeler un soutien aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, honore la mémoire des Casques bleus tout en réaffirmant que leur sécurité reste une priorité absolue. Est également réitéré l’engagement à œuvrer de concert afin de faire de l’environnement francophone un espace de paix, et à promouvoir le multilinguisme « en tant qu’outil clé d’efficacité sur le terrain ».
L’importance de doter les opérations de maintien de la paix de mandats clairs et réalistes, fondés sur la primauté du politique et à même de les rendre adaptées à l’évolution des conflits est soulignée. Il est de même en ce qui concerne l’attachement à l’Agenda « Femmes, paix et sécurité ». La déclaration rappelle également l’exigence d’exemplarité attendue des Casques bleus, tout comme le caractères essentiel de la formation. A cet égard, la coopération entre les centres de formation est encouragée dans la Déclaration, y compris au sein du Réseau d’expertise et de formation francophone pour les opérations de paix (REFFOP) de l’OIF, dont les formations ont été saluées.
Le texte se conclut par un engagement à poursuivre l’action collective et la concertation conjointe au sein de l’ONU, de l’OIF et des instances internationales pertinentes pour renforcer l’efficacité du maintien de la paix, y compris à travers le multilinguisme pour lutter notamment contre la désinformation et les discours de haine.
Dans son allocution d’ouverture, la Secrétaire générale de la Francophonie a appelé à soutenir les opérations de maintien de la paix de l’ONU tout en invitant à contribuer à la réflexion en vue de répondre aux obstacles auxquels elles sont confrontées. Elle a par ailleurs appelé à soutenir des opérations de paix plus souples et plus robustes, tout en demeurant pleinement respectueuses des droits de l’Homme. A l’image des opérations africaines de paix, ou encore de la Force de répression des gangs en Haïti (FRG), dont l’OIF renforce les capacités de son personnel.
En marge de la Ministérielle, l’OIF, l’Observatoire Boutros-Ghali (OBG) du maintien de la paix et les forces armées royales du Maroc ont organisé le 22 mai un atelier de partage d’expériences et de bonnes pratiques des centres de formation du REFFOP, autour de l’Agenda « Femmes, paix et sécurité ». L’OIF est également intervenu à un autre événement parallèle sur la réforme du maintien de la paix, organisé par le Ministère français des Armées, l’OBG ainsi que les FAR.
* France, Maroc, Albanie, Arménie, Autriche, Bangladesh, Cambodge, Côte d’Ivoire, Gabon, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Liban, Madagascar, Mauritanie, République du Congo, République centrafricaine, Roumanie, Rwanda, Sao Tomé et Principe, Tchad, Vietnam.