Ben'imana de Marie-Clémentine Dusabejambo a décroché la Caméra d’Or et le prix FIPRESCI au Festival de Cannes 2026. Congo Boy de Rafiki Fariala remporte le Prix du Meilleur acteur dans la section Un Certain Regard.

Clap de fin pour la 79e édition du Festival de Cannes, qui s’est tenue du 12 au 23 mai 2026. Cette année encore, les films soutenus par l’OIF ont su se distinguer avec 3 films dans la Section « Un certain regard » et un film à Cannes Première.

C’est la première fois que l’Afrique est mise à l’honneur par La Caméra d'Or, qui récompense le meilleur premier long métrage parmi l'ensemble des films de la Sélection officielle. Ben'imana (Rwanda) est un film qui « rend hommage à ces mères et ces femmes qui ont trouvé la force de rester debout avec dignité » comme l’a souligné la réalisatrice, Clémentine Dusabejambo, lors de son discours ; il démontre aussi la qualité de la production de cette nouvelle génération de cinéastes africains qui porte à l’écran leurs récits et leurs émotions. Ce film a également remporté le Prix FIPRESCI, prix de la critique internationale. Ce prix avait déjà été attribué à Myriam Touzani en 2023 pour Le bleu du caftan.  

Congo Boy, premier film centrafricain à Cannes, remporte le prix du meilleur acteur, décerné à Bradley Fiomona : le film est un biopic retraçant la vie du réalisateur. Ce prix récompense aussi le parcours exceptionnel de Rafiki Fariala, qui a commencé par Nous étudiants !, déjà remarqué à Berlin en 2023.

Deux films, deux premières historiques pour leurs pays respectifs, et une démonstration éclatante que le cinéma africain francophone n’a pas fini de surprendre. Ces deux jeunes cinéastes de moins de 40 ans incarnent les réalités les plus douloureuses, non pas en les fuyants, mais en les portant par la force de l’image et de la créativité. Car c’est peut-être ça, le 7e art : non pas effacer les blessures, mais leur donner une forme que l’on peut regarder ensemble.  

Depuis 2019 avec le Prix du Jury à Mati Diop (Atlantique), 2022 avec Gessica Genéus (Freda, Prix François Chalais) et Maryam Touzani (Le bleu du caftan , Prix Fipresci, Un certain regard), 2023 avec Kaouther Ben Hania (Les Filles d'Olfa, Oeil d'or du meilleur documentaire) et 2024 avec Les filles du Nil  de Nada Riyadh (Oeil d'or également), et cette année avec Marie-Clémentine Dusabejambo, les réalisatrices africaines et caribéennes tracent un sillon sans précédent sur la Croisette.

Cinéma : au-delà de l’expression, une industrie

SÉLECTIONNÉ POUR VOUS