Pour soutenir la présence des femmes dans les industries culturelles, l'OIF agit sur plusieurs leviers : la reconnaissance symbolique, le soutien financier, la formation professionnelle et la mise en réseau.
Les industries culturelles et créatives (ICC) s’affirment aujourd’hui comme une priorité stratégique à l'échelle mondiale. Selon le dernier rapport mondial de l’UNESCO sur les politiques culturelles La culture : l’ODD absent, ces secteurs représentent 3,39% du PIB mondial et 3,55% des emplois. Malgré leur importance économique et sociale, ils demeurent marqués par des inégalités de genre persistantes qui appellent à une mobilisation collective et des actions concertées.
En effet, toujours selon ce dernier rapport, les femmes représentent 38% de la main-d’œuvre culturelle mondiale et ne bénéficient que de 20% des financements publics consacrés à la culture. Le pourcentage des femmes occupant des postes de direction dans les organisations culturelles, a, quant à lui, baissé de 36% à 30%. Preuve du déséquilibre croissant entre femmes et hommes et de l’importance de promouvoir l’égalité des genres dans les ICC.
L’OIF, en première ligne dans l’écosystème francophone des ICC
Face à ces constats, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à travers sa Direction de la langue française dans la diversité des cultures francophones, a récemment mis en place un programme « Femmes Arts Musique Entrepreneuriat » pour favoriser la participation des femmes dans l’industrie musicale. Ainsi, plus de 100 jeunes femmes, de Haïti au Tchad en passant par le Maroc, ont bénéficié de formations sur la sonorisation et l’éclairage pour la scène ainsi qu'en DJ-ing. Des métiers majoritairement exercés par les hommes.
Mais l’action de l’OIF ne se limite pas à la formation, elle agit également dans la création artistique en favorisant des collaborations entre femmes comme le projet RAPprochement, bénéficiaire d’une bourse de mobilité en octobre 2025. « Ce projet a mis en avant les voix et talents de rappeuses féministes. Y participer m’a permis de partager mon histoire et de découvrir la force des autres femmes. C’est dans cette diversité que j’ai trouvé l’inspiration pour mes créations », témoigne Elodie Milo (aka Mc Clito). Ou encore le projet « Les Voix des Femmes de l’Escale Bantoo », qui met en avant des textes majoritairement écrits par des femmes et qui a été présenté au Théâtre de la Ville, à Paris, en mai 2025.
Mais si les femmes ont toujours eu leur place dans la création, peu sont celles qui accèdent à des prix prestigieux. Le Prix des 5 Continents de la Francophonie fait office d'exception : les femmes représentant près de 40% des récipiendaires, dépassant la moyenne mondiale. La dernière en date, Hemley Bloum a d’ailleurs reçu d’autres récompenses littéraires sur différents territoires.
L’un des volets sur lequel l’OIF s’est longtemps investi, c’est bien l’égalité des chances et notamment dans la recherche de financements. En effet, dans le cadre du Fonds Image de la Francophonie, le montant des subventions attribuées aux projets portés par des femmes à plus que doublé, passant d’environ 300 000 euros entre 2014 et 2019 à près de 700 000 euros entre 2020 et 2025.
Les femmes occupent également davantage de postes décisionnels au sein des instances du Fonds. Sur 20 ans de présidences de commissions, 13 ont été confiées à des femmes, contre 7 à des hommes. Un cas illustre cette dynamique : depuis une décennie, la commission “Documentaire/Série” de ce fonds est exclusivement présidée par des femmes. Ces talents s’illustrent non seulement au sein des structures francophones, mais rayonnent également à l’échelle internationale. Kaouther Ben Hania, présidente de la commission “Documentaires/Séries” (2023-2024), a été récompensée par le César du meilleur documentaire pour « Les filles d’Olfa » (2024), un film également sélectionné aux Oscars. Ces succès illustrent la montée en puissance des femmes tant dans la création que dans les instances décisionnelles.
En élargissant ainsi ses actions et en multipliant les points d’entrées pour les professionnelles des ICC, l'OIF œuvre ainsi à construire un écosystème culturel francophone dynamique, équitable et innovant, où la diversité des talents, notamment féminins, est valorisée et encouragée à tous les niveaux. Cette approche qui allie reconnaissance symbolique, soutien financier, formation professionnelle et mise en réseau, dessine les contours d’une francophonie culturelle plus inclusive, ou l’égalité des genres n’est plus un objectif mais une réalité en construction.