L'OIF participe à la 7e édition de VivaTech du 14 au 17 juin 2023. Elle y accompagne dix entrepreneures et entrepreneurs francophones. Focus dans cet édito sur les enjeux autour de l'entrepreneuriat culturel et du numérique.

Plus grand évènement européen dédié aux entreprises innovantes et à la technologie, le salon international VivaTech représente une occasion pour l’OIF, partenaire du salon de mettre en lumière le dynamisme, la créativité et l’innovation des jeunes pousses de l’espace francophone. Pour cette nouvelle édition, la Francophonie a choisi de mettre à l’honneur les industries culturelles qui sont au cœur même des priorités de l’Organisation, pour illustrer la vitalité de l’entrepreneuriat culturel francophone.

Après avoir joué un rôle décisif dans l’adoption de la Convention de l’Unesco de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, l’OIF, au Sommet de Djerba (Tunisie) en novembre 2022, a adopté une Déclaration sur la langue française dans la diversité linguistique de la Francophonie, en lien direct avec l’Agenda 2030. Avec ce texte ambitieux, les 88 Etats et gouvernements de la Francophonie réaffirment la nécessité de recentrer la coopération francophone autour d’un enjeu majeur : celui de la transformation numérique sous-tendue par la création, la diffusion, la circulation mais aussi la découvrabilité des contenus en français et dans les langues de l’espace francophone.  

Cette question majeure et si actuelle de la découvrabilité et du respect de la diversité des expressions culturelles dans l'environnement numérique est un enjeu, certes économique, mais aussi un enjeu lié à une juste représentation de la riche diversité culturelle et linguistique de l’humanité. En effet, le multilinguisme dans l’univers numérique constitue l'un des piliers de l’accès au savoir partagé. Or, aujourd’hui, il est estimé qu’environ 40% des 20 millions de sites les plus visités auraient comme langue principale (voire unique) l’anglais ou le chinois, à proportion relativement égale (cf. source Observatoire de la Diversité culturelle et linguistique dans l’internet). Ainsi, le risque d’exclusion d’une grande partie des expressions culturelles induit par la « plateformisation » des modes de consommation et de distribution des contenus doit être pris en compte et régulé par des mesures propres à assurer la découvrabilité de tous les contenus sur la Toile : culturels, scientifiques et éducatifs, juridiques, économiques... 

Ainsi, l’OIF a réaffirmé sa pleine mobilisation sur les mesures de traitement préférentiel pour les biens et services culturels et le renforcement de la condition des artistes et professionnels de la culture, à l’occasion de la neuvième session de la Conférence des Parties à la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles tenu au Siège de l’UNESCO à Paris, du 6 au 8 juin 2023. 

Véritables leviers d’essor économique, les industries culturelles affichent aujourd’hui dans le monde le taux de croissance le plus rapide, créant par conséquent le plus d’emplois. Si, selon les chiffres de l’UNESCO (2022), elles ne représentent que 3,1 % de la production mondiale, elles génèrent néanmoins deux fois plus d’emplois que les autres secteurs. Sur le continent africain, 8,2 % des emplois sont fournis par les industries culturelles et selon une étude de l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE, 2017), elles représentent 2,4 millions d’emplois. Cette statistique vient confirmer l’importance de ces industries en tant que catalyseurs du développement économique et de la cohésion sociale.  

Les politiques publiques efficaces au service des industries culturelles viennent par ailleurs booster leur attractivité et accroitre les investissements. Mais au-delà du rendement généré par ce secteur d’activité, il n’est pas inutile de rappeler que, de plus en plus, l’entrepreneur culturel perçoit le concept d’entreprise selon le prisme de l’innovation et de la création et non plus seulement en fonction de sa seule valeur ajoutée économique.  

Toutefois, le secteur culturel, reste encore vulnérable et l’entrepreneuriat créatif et culturel est peu valorisé dans de nombreux pays. Si les emplois sont divers et nombreux, ils sont la plupart du temps précaires et mal rémunérés. Plus que dans n’importe quel domaine d’activité, les contrats courts et le temps partiel sont fréquents, la proportion de travail informel élevée et la protection sociale quasi inexistante. Les premiers touchés par cette vulnérabilité sont, on le sait, les femmes et les jeunes, notamment en Afrique. Bien que le secteur soit proche de la parité totale au niveau mondial, les femmes, alors même qu’elles sont souvent plus qualifiées que les hommes, n’occupent que trop rarement les premières places. Pour atteindre leur plein potentiel, l’État doit aider ces entrepreneurs, former les jeunes à ce type d’entrepreneuriat, mobiliser les financements nécessaires et favoriser les politiques publiques qui garantissent la liberté.  

En effet, la 9ème Commission de la Conférence des Parties à la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles évoquée plus haut a réaffirmé une évidence à laquelle l’OIF souscrit entièrement : pas de culture sans liberté de création. Or cette question qui concerne directement la liberté d’entreprendre, ainsi que les droits culturels (liberté de choisir et d’exprimer son identité, de participer à la vie culturelle) est inscrite dans l’ADN de la Francophonie.  

Les dix jeunes pousses sélectionnées par l'OIF, issues du Cameroun, de la Belgique, de la France, du Gabon, de la République démocratique du Congo, du Sénégal, de la Suisse, de la Tunisie et du Togo viendront ainsi témoigner de la créativité et du dynamisme dans le domaine culturel dans ce Pavillon de la Francophonie à VivaTech. TV5MONDE et sa plateforme TV5MONDEPlus, tout comme l’Université Senghor d’Alexandrie avec des projets étudiants, toutes deux opérateurs de la Francophonie, seront également à nos côtés pour apporter, aussi, une réponse pertinente aux enjeux de découvrabilité des contenus audiovisuels et cinématographiques francophones auprès des populations.  

C’est finalement un message d’optimisme et d’espoir que viendront délivrer ces dix jeunes pousses à VivaTech. Un message au service de la transformation numérique, au service des solutions durables, au service de la coopération inclusive et solidaire au profit de l’espace francophone et de ses populations, le message d’une Francophonie résolument innovante !  

 

Direction de la francophonie économique et numérique, Mme Laurence Arnould et Direction de la langue française et de la diversité des cultures, Mme Nivine Khaled.

 

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