Dossier thématique : « Construire la paix par la culture » | Mai 2026

 

L'OIF accompagne ses Etats membres dans le développement de leurs industries culturelles et créatives, convaincue de l'importance des ICC comme levier de cohésion.

Les industries culturelles et créatives (ICC) sont aujourd’hui reconnues comme étant l’un des 
secteurs les plus dynamiques de l’économie mondiale. Elles contribuent à la valorisation des patrimoines locaux et des expressions culturelles ainsi qu’à la création de moyens d’existence durables, notamment pour les jeunes et les femmes. Elles sont vectrices et moteurs de croissance économique et de développement social. Selon l’UNESCO (2022), la culture et la créativité représentent 3,1 % du produit intérieur brut mondial et 6,2 % du total des emplois. Un secteur porté par un marché en perpétuelle évolutions où les exportations de services créatifs ont bondi à 1 400 milliards de dollars en 2022, soit une augmentation de 29 % depuis 2017. Dans le même temps, les exportations de biens créatifs ont atteint 713 milliards de dollars, soit une augmentation de 19 %. Les ICC sont donc l’un des secteurs qui affichent la croissance la plus rapide au monde. 

Au sein de l'espace francophone, des pays comme la France affichent une croissance de la contribution des ICC au PIB de 5%, dépassant même celle de l’industrie automobile. D’autres pays du Sud comme la Côte d’Ivoire enregistrent une contribution de 4%. Derrière ces chiffres, une industrie notamment dans les filières du spectacle vivant, du cinéma et de l’édition, dans laquelle l’OIF s’investit depuis de nombreuses années.  

Le cinéma dans la plupart des pays du Sud connait un boom dans la production des films à petit budgets, et surtout dans les séries télévisées, et web-séries, notamment pour une diffusion en ligne où la rentabilité dépend du nombre de vues générés sur internet. 

Les arts du spectacle, plus encore la musique, tout aussi soutenus par la diffusion sur internet, ont permis de réduire considérablement le taux de chômage parmi les jeunes. Ceux-ci ont réussi à user des nouvelles technologies pour diffuser leurs œuvres créant ainsi une économie certaine. On peut également relever l’accroissement de la mobilité des artistes qui arrivent à faire tomber des barrières par l’exercice de leur art. 

A travers les œuvres cinématographiques, musicales, littéraires, on remarque un réveil des créateurs qui s’engagent de plus en plus, abordant des grands sujets de société : les migrations, la démocratie, la réappropriation de la culture, …  

 

L’OIF accompagne la structuration et le financement des ICC du Sud 

Conscients de l’importance de la culture dans nos sociétés, l’OIF l’a toujours mis au cœur de son mandat en défendant la diversité culturelle avec l’adoption de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2025). L'année dernière, face aux nouveaux enjeux du numérique, l’OIF s’est associé au gouvernement du Québec pour la 5e Conférence des ministres de la Culture de la Francophonie et plaider pour une découvrabilité des contenus culturels francophones.  

Mais au-delà de ce plaidoyer international, et convaincue de l'importance des ICC comme levier de cohésion, l’OIF favorise également l'accès à l'art et à la culture. Ainsi, dans le cadre de l’initiative « CLAC en scène », des projets artistiques portés par des créateurs et créatrices ont été diffusés dans les réseaux des CLAC de plusieurs pays (Comores, Niger, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Togo, Tchad, Mauritanie). Au Tchad, plus de 10.000 jeunes ont ainsi répondu présents lors des concerts de Mounira et Wawy B. L’initiative offre aux jeunes artistes l’opportunité de se produire et diffuser leurs œuvres dans les CLAC en dehors des centres urbains, des circuits habituels de représentations et avec la participation active des publics. Plus spécifiquement, « Clac en scène ! » renforce le positionnement du réseau CLAC comme une passerelle entre la culture, les créateurs et les populations. 

Mais si le lien social a souvent été au cœur des actions menées, l’OIF soutient le développement des industries culturelles et créatives (ICC) avec différents dispositifs tels que le Fonds Image de la Francophonie. Elle est ainsi devenue un pôle important de financement direct des films du Sud, avec un impact de 2 à 2,5 M€ par an. Elle a pu accompagner également les producteurs lors de programmes tels que la Fabrique du Cinéma au Festival de Cannes (France) ou Open Doors du festival Locarno (Suisse). Des actions qui favorisent la collaboration et les échanges Sud-Nord et une meilleure intégration de ces productions cinématographiques sur le marché international.  

Elle accompagne également les artistes dans le développement de leur carrière comme l’explique l’artiste Nda Chi, lauréat des IXe Jeux de la Francophonie (Cameroun) : « Grâce à l’accompagnement de l’OIF, nous avons eu des résidences qui m’ont aidé à façonner mon travail et participer à des marchés où j’ai pu avoir de nouvelles opportunités. » 

Des opportunités mais aussi des échanges culturels et artistiques favorisés par des soutiens à la mobilité, qui permettent aux artistes de rencontrer un nouveau public, comme l’explique Eric Chacour, Prix des 5 Continents 2024 (Québec-Egypte) : « Dans le cadre du prix, j’ai eu l’occasion de me rendre en Roumanie où j’ai rencontré des jeunes avides de lecture et de la langue française. De vraies rencontres humaines qui m’ont touché et marqué. »   

Aujourd’hui, face aux enjeux du numérique et de l’intelligence artificielle (IA), l’OIF a contribué au CLOM « Rendre visible les contenus culturels : les clés de la découvrabilité », réalisé par la mission conjointe franco-québécoise en 2023 et continue ses actions de sensibilisation. Près de 150 opérateurs ont ainsi été formés, en marge des dernières éditions du FESPACO et du FESPAM en 2025, sur les stratégies de découvrabilité et les politiques éditoriales des plateformes. L’OIF soutient également le Réseau francophone numérique qui comprend 32 institutions documentaires pour la numérisation des fonds sonores, de fonds de littérature grise et de manuscrits.   

Outre les aides financières apportées aux opérateurs culturels, l’OIF accompagne aussi ses Etats membres du Sud dans le renforcement de la gouvernance de la Culture, qui est au cœur de la Conférence mondiale sur les politiques culturelles. Plusieurs pays (Burkina Faso, Gabon, Niger, Sénégal, RCA, Mali, Rwanda, RDC, Côte d’Ivoire) ont ainsi été accompagnés de manière structurante, depuis 2010. Cette coopération a permis de nombreuses avancées dans ces pays, notamment en ce qui concerne les dispositifs de financement de la culture, la question des infrastructures et de la décentralisation culturelle, les problématiques du droit d'auteur et droits voisins, le régime social des artistes et professionnels de la culture, le renforcement de l'expertise du personnel-cadre des administrations, l'information et le plaidoyer auprès des décideurs politiques, économiques et des parlementaires. 

À travers toutes ces actions, l’OIF réaffirme donc son engagement constant à promouvoir des industries culturelles et créatives francophones solides, inclusives et innovantes. Elle contribue ainsi à consolider l’intégration économique et culturelle de ses États et gouvernements membres, tout en garantissant la circulation et la visibilité des expressions artistiques francophones. Un gage de cohésion et de stabilité dans un monde en profonde mutation.

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