L’OIF et le gouvernement tunisien lancent une étude de faisabilité pour moderniser le Fonds de garantie pour les industries culturelles.

Depuis plus de vingt ans, l’OIF fait de l'accès au financement une priorité pour les entreprises culturelles et créatives. C'est dans cet esprit qu'ont été créés, en 2002 et 2003, trois fonds de garantie bancaire dédiés aux industries culturelles, en Tunisie, au Maroc et en Afrique de l'Ouest, avec un objectif simple : faciliter l'accès aux crédits bancaires des opérateurs culturels, que les établissements financiers jugent souvent trop risqués.

Aujourd'hui, l'OIF, en collaboration avec le gouvernement tunisien, lance une étude de faisabilité pour réviser en profondeur le Fonds de garantie pour les industries culturelles (FGIC) de Tunisie et lui redonner toute sa pertinence.

Créé en novembre 2002 et géré depuis 2010 par la Société tunisienne de garantie (SOTUGAR), le FGIC a permis à 19 entreprises d'obtenir des crédits garantis pour des projets d'investissement totalisant près de 3 millions d'euros. Un bilan loin d'être négligeable.

Pour le maintenir, le FGIC doit cependant être mieux adapté au contexte mondial. En effet, afin de pouvoir augmenter le potentiel des industries culturelles et créatives et leur permettre d’atteindre de nouveaux marchés, la question du financement et de l’investissement reste cruciale. C'est précisément l'ambition de cette révision, qui vise à renforcer la capacité d'intervention du Fonds, mieux calibrer ses conditions d'accès, développer sa notoriété auprès des entrepreneurs culturels et des établissements financiers, et enrichir l'accompagnement et les données mises à leur disposition.

Un secteur culturel tunisien en pleine mutation

Ce constat intervient alors que les industries culturelles et créatives (ICC), qui représenteraient 1 à 2 % du PIB du pays, sont de plus en plus considérées comme un secteur économique porteur de croissance et d’emplois, notamment pour les jeunes. Elles bénéficient d'un intérêt public croissant : le budget du ministère de la Culture a progressé de 60 % entre 2018 et 2026. De nouvelles institutions ont vu le jour et le cadre légal évolue, entre loi sur le mécénat culturel, loi sur le financement participatif  et statut de l'artiste. L'écosystème du financement se diversifie également, porté par des programmes nationaux publics, mais aussi des initiatives privées (Start-up Tunisia, Minassa, TIC-DCE, programme CORE).

Mais malgré ces avancées, l'accès au financement commercial reste un obstacle majeur. Les biens et services culturels présentent en effet des spécificités qui compliquent leur évaluation par les établissements financiers : primauté de l'offre sur une demande incertaine, cycles de production et de commercialisation spécifiques, modèles économiques principalement adossés aux droits d’auteurs et transformation rapide des circuits de monétisation sous l'effet du numérique.

Une étude pour repenser les Fonds

La révision du FGIC que vise l’étude de faisabilité lancée par la Direction de la langue française dans la diversité des cultures francophones (DLC) de l'OIF tentera de répondre à ces défis. Ce travail alimentera par ailleurs la réflexion sur l’actualisation des autres fonds de garantie créés par l’OIF.

À travers cette initiative, l'OIF réaffirme sa volonté de faire du financement un véritable levier de développement pour les industries culturelles francophones, condition essentielle pour que les créateurs et créatrices du Sud puissent faire naître leurs projets, les développer et toucher des publics toujours plus larges.

 

(Photo : ©Journées cinématographiques de Carthage 2025)

SÉLECTIONNÉ POUR VOUS