Alors que se tiennent début juillet 2026 à Yaoundé (Cameroun) la 51e session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) et le 11e Parlement francophone des jeunes, retour sur la coopération entre l’OIF et l’APF au service du renforcement de l’Etat de droit et de la démocratie dans l’espace francophone.
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) agit en faveur de la promotion de la démocratie, de l’État de droit et des droits humains dans l’espace francophone, conformément au mandat qui lui a été confié par ses États et gouvernements membres, notamment à travers la Déclaration de Bamako. Ce cadre normatif fonde et oriente ses interventions en matière politique et institutionnelle.
À travers ses programmes de coopération, l’OIF accompagne notamment les parlements des États membres dans le renforcement de leurs capacités, la modernisation de leurs pratiques et la consolidation des institutions démocratiques. Pour cela, l’OIF s’appuie sur l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, organe consultatif et relais parlementaire de la Francophonie institutionnelle. Fondée en 1967, l’APF figure parmi les acteurs de la Charte de la Francophonie.
Dans un contexte mondial marqué par des défis croissants à l'encontre de la vie démocratique de nos États et gouvernements membres, l’action parlementaire soutenue par l’OIF constitue un levier essentiel de stabilité politique et de bonne gouvernance.
Ce soutien à la coopération interparlementaire s’inscrit dans la mise en œuvre de la programmation quadriennale 2024-2027 et des priorités stratégiques 2023-2030 définies par l’OIF, qui fixe les orientations de la coopération francophone en matière de gouvernance démocratique. Il s’inscrit plus précisément dans le cadre du projet 10 « Renforcement de l’État de droit, des droits de l’Homme et de la justice », piloté par la Direction des affaires politiques et de la gouvernance démocratique de l’OIF.
Fondé sur le cadre institutionnel de la Francophonie et le mémorandum d’entente de 2014, ce partenariat traduit, sous l’impulsion de l’OIF, les engagements des Etats et gouvernements membres de la Francophonie en actions concrètes au sein des parlements francophones.
Des parlements mieux outillés face aux défis contemporains
En 2025, cette coopération a franchi un cap, avec 30 actions menées dans 33 parlements, mobilisant plus de 1 050 acteurs, dont 466 parlementaires, 382 fonctionnaires parlementaires, ainsi que 395 femmes et 176 jeunes de moins de 40 ans.
L’OIF et l’APF contribuent ainsi à ancrer mondialement la Francophonie parlementaire, avec des actions déployées en Afrique, en Amérique, en Asie-Pacifique et en Europe. Son appui permet d’outiller les parlementaires afin qu’ils puissent mieux s’approprier les enjeux contemporains, proposer des réponses législatives concrètes et assurer le suivi des engagements gouvernementaux face aux grands défis d’aujourd’hui : climat, numérique, participation citoyenne, égalité femmes-hommes, mais aussi soutien à la paix et la stabilité, etc.
Dans cette dynamique, le rôle du député, en tant que représentant de la Nation et au service des populations, s’en trouve renforcé. Il joue pleinement son rôle de trait d’union entre les citoyens et l’exécutif, contribuant ainsi à la consolidation de l’État de droit, conformément aux principes consacrés notamment par la Déclaration de Bamako. L’adoption au Togo, d’une loi sur le climat quelques semaines après un atelier parlementaire organisé les 25 et 26 février à Lomé est une illustration de la manière dont les échanges d’expertise francophones peuvent nourrir rapidement l’action publique.
Former, accompagner, relier : une approche globale
La coopération OIF-APF agit à plusieurs niveaux :
- Renforcer les capacités des parlementaires, notamment des femmes et des jeunes, pour une représentation plus inclusive ;
- Professionnaliser les administrations parlementaires, à travers des formations et des échanges de pratiques ;
- Favoriser l’engagement citoyen, en particulier des jeunes générations, à travers des initiatives dédiées ;
- Produire des outils concrets, tels que des corpus législatifs, des guides ou des formations, qui accompagnent durablement l’élaboration des lois.
Ces actions contribuent à rapprocher les institutions des citoyens et à améliorer la qualité des politiques publiques.
L’engagement en faveur de la jeunesse en constitue un pilier essentiel. En décembre 2025, le Parlement francophone régional des jeunes (PFRJ) de l’océan Indien, organisé à Port-Louis, a réuni 27 jeunes venus de plusieurs pays de la région. À travers des débats sur le rôle du numérique dans les sociétés contemporaines, les participants ont adopté deux résolutions portant sur le tourisme durable et l’insertion professionnelle des jeunes. Cet espace d’échange et de dialogue illustre la volonté de la Francophonie de donner aux jeunes les moyens de s’exprimer et de contribuer activement aux politiques publiques qui les concernent.
Co-construire pour mieux répondre aux besoins des populations francophones
Près d’un tiers des actions soutenues par l’OIF en 2025 l’ont été via un « fonds collaboratif », créé en 2022, qui permet à l’OIF et à l’APF de concevoir et de mettre en œuvre conjointement des actions alignées sur des priorités communes.
Cette complémentarité permet des interventions plus ciblées, réactives et adaptées aux contextes nationaux, les actions menées par l’APF s’inscrivant pleinement dans les priorités et projets portés par l’OIF. Un dispositif qui vise ainsi à renforcer la portée concrète des actions de l’OIF et de l’APF sur le terrain.
S’agissant de la consolidation de l’état civil dans l’espace francophone, la coopération s’est notamment illustrée en 2025 par des actions de terrain et de sensibilisation, telles qu’un séminaire parlementaire organisé au Tchad sur l’enregistrement des naissances, une chronique vidéo réalisée avec TV5Monde sur les « enfants fantômes », ainsi qu’un webinaire dédié au renforcement des systèmes d’état civil dans l’espace francophone, réunissant l’APF et plusieurs réseaux institutionnels de la Francophonie (RIF) : ANF, AFAPDP, AFCNDH, CIB, AIPPF.
De même, la complémentarité entre l’OIF et l’APF s’illustre dans le renforcement de la contribution des parlementaires au suivi effectif par les Etats de leurs engagements internationaux. L’OIF a ainsi mobilisé, en lien avec l’APF, une députée malgache, dans le cadre de l’accompagnement de son État au mécanisme onusien de l’Examen périodique universel (EPU). À Abidjan, un atelier conjoint OIF-APF a permis aux députés de s’approprier leur rôle dans le suivi des recommandations issues de l’EPU et dans la mise en œuvre des engagements en matière de droits de l’Homme. Cette implication renforce l’efficacité de l’action de l’OIF, en s’appuyant sur le relais institutionnel que constituent les parlements dans les États membres.
Les parlementaires francophones sont également mobilisés dans les Missions électorales de la Francophonie (MEF), dépêchées par la Secrétaire générale à la demande des Etats membres de l’OIF afin d’évaluer les conditions de préparation et de tenue des élections, au regard de la Déclaration de Bamako du 3 novembre 2000. Ainsi, en 2025, sept parlementaires ont été mobilisés : aux Comores, en Côte d’Ivoire, au Gabon, en Guinée, en Moldavie, aux Seychelles.
2026 : amplifier les résultats pour les populations
En 2026, cette dynamique se poursuit avec un objectif clair : accroître l’impact concret des actions sur la vie des citoyens de l’espace francophone.
La coopération entre l’OIF et l’APF en 2026, prévoit notamment :
- la poursuite du renforcement des capacités et de la mise à disposition d’outils pour les parlementaires sur des enjeux tels que le climat, l’intelligence artificielle, l’agenda femmes, paix et sécurité ;
- un appui renforcé aux processus démocratiques et de transition ainsi qu’aux droits de l’Homme avec la poursuite du plaidoyer pour l’abolition de la peine de mort ;
- l’élaboration de corpus législatif sur l’état civil et la découvrabilité
- la poursuite d’actions en faveur des jeunes et l’engagement citoyen.
Dans cette continuité, le Parlement francophone des jeunes « PFJ » se tient en juillet 2026 à Yaoundé, en marge de la 51ᵉ session plénière de l’APF. Il offrira une nouvelle occasion aux jeunes francophones de porter leurs propositions sur des sujets primordiaux pour eux, tels que la coopération internationale face aux défis des déplacés climatiques, la bonne utilisation des réseaux sociaux, les processus de paix et de prévention des conflits, renforçant ainsi leur participation aux processus démocratiques à l’échelle de l’espace francophone. Pour rappel, le « PFJ » est une émanation du Sommet de Moncton de 1999.
Une Francophonie d’action, au service des citoyens
À travers cette coopération, l’OIF et l’APF illustrent pleinement la valeur ajoutée de la Francophonie : mettre en réseau les acteurs, partager les expériences et produire des résultats concrets. En soutenant des parlements plus efficaces, plus inclusifs et plus proches des citoyens, elles contribuent à renforcer durablement la démocratie dans l’espace francophone.